18 mois – Ma merveilleuse Nessie

Nessie18

 

Au final, je me rends compte que je ne vous ai jamais vraiment parlé de Nessie depuis qu’elle est née. Sans doute parce que je n’ai jamais vraiment su comment faire tant elle me fascine quotidiennement dans sa complexité et reste pour moi indescriptible. Elle est Nessie, notre amour, notre merveilleuse fille.

Pour ses 18 mois qu’elle a eu la semaine dernière, j’ai quand même envie d’essayer parce que je l’aime tellement (vous me pardonnerez donc l’absence totale d’objectivité pour certains passages).

Nessie est belle, tellement belle. Elle a deux grands yeux marrons légèrement bridés comme ceux de son père, un petit nez charmant, la plus belle petite bouche du monde, un grand front et des bouclettes châtains clairs qu’elle aime remettre en pagaille dès que j’ai fini de la coiffer.

Elle aime passionnément les feuilles des arbres qu’elle cueille ou ramasse et m’en fait des bouquets qu’elle m’offre avec tellement de joie qu’elle en tombe souvent à la renverse.

Lorsqu’on se promène, elle pousse de grandes exclamations joyeuses quand elle voit des bus et des hélicoptères. Mais ce qui l’impressionne le plus, se sont les cimentières.

Elle qu’on décrivait il y a quelques mois comme un bébé peu câlin, ne commence désormais jamais une journée sans câliner le petit garçon et la petite fille qui sont gardés avec elle et qu’elle regarde avec l’amour d’une sœur.

Très sociable, elle aimerait beaucoup partager sa passion des feuilles avec les enfants que l’on croise au parc mais se fait encore beaucoup rembarrer. Cela fait un peu de peine à son papa mais elle semble n’en avoir cure et persiste l’air confiant.

A 18 mois, elle balance encore pas mal le contenu de ses assiettes par terre. Gourmande mais exigeante et très gonflante, surtout quand elle en rajoute une couche et se met, morte de rire, à secouer sa tasse à l’envers pour mettre de l’eau partout en ignorant royalement nos sommations de cesser les hostilités. Il faut dire qu’on a parfois du mal à garder notre sérieux lorsque passant par là, notre chat se retrouve avec le contenu d’un petit suisse entre les deux oreilles.

Sa grande passion du moment est d’habiller ses poupées et peluches dont la grande majorité est aujourd’hui parée de couches, bodies, pulls et chaussures devenus trop petits pour elle. J’ai vécu il y a 2-3 semaines un moment de grâce pendant lequel j’ai pu bouquiner bien 15 minutes sur notre lit pendant qu’à côté, elle tentait l’air très concentré de mettre une couche à Ernest le chat rose.

Elle aime modérément le bain, crise quand on lui lave les cheveux et déteste être séchée à la serviette. Cet été, c’est surtout le sable qu’elle a kiffé à la plage. Autant vous dire que je n’ai à ce jour pas encore tenté les bébés nageurs (et qu’accessoirement je me suis bien plantée en choisissant son surnom!).

Souvent, elle me regarde avec un air malicieux, lève l’indexe en l’air avec le pouce vers l’extérieur comme un signe de gang secret et éclate de rire quand je l’imite.

Elle a voulu pendant longtemps manipuler elle-même ses livres et ne tenait pas en place si on voulait lui en lire un. Depuis quelques semaines, elle aime enfin se mettre sur nos genoux et écouter des histoires, à ma plus grande joie.

Son langage consiste encore essentiellement en un croisement entre du martien et de l’allemand (je vous assure qu’un jour elle a littéralement prononcé “Ich spreche Deutsch”). “Maman”, “Papa”, “Chat” et bien entendu “Non” sont les 4 mots qu’elle maîtrise bien (il y a aussi “chauchon” qui est le mot générique pour désigner les chaussures, chaussons et chaussettes, son autre grande passion). Ce qui naturellement commence à susciter des remarques de la part de gens naturellement très bienveillants mais ne m’inquiète personnellement pas particulièrement.

Elle a immédiatement adhéré à l’esprit de Noël. Le Père Noël, le sapin, les rennes, les lumières… elle adore. Et moi ça me réconcilie avec cette fête qui était devenue si douloureuse.

Elle aime beaucoup jouer à chat. Surtout le matin quand j’essaye de lui enfiler son manteau et ses chaussures pour l’emmener chez sa nounou alors qu’on a déjà pas mal de retard.

Mais est paradoxalement une petite fille très disciplinée qui écoute avec attention nos instructions, ne fait quasiment jamais de bêtise et tient bien la main quand on le lui demande. Pour l’instant on a sécurisé aucun de nos tiroirs. C’est simple: on lui a demandé de ne pas les ouvrir car elle risquait de se pincer les doigts et elle ne les ouvre pas. Magique. (mais on est lucide sur le fait que ça risque de ne pas durer)

Et surtout, elle savoure nos câlins à trois le soir alors que nous allons la coucher, cale sa tête dans nos cous, abandonnée et confiante. Dans ces moments là, elle nous fait nous sentir les personnes les plus aimées de la terre.

Joyeux 18 mois mon amour

 

Qui craint le Grand Méchant Coucher?

Petit retour d’expérience sur une situation que l’on est beaucoup à rencontrer et à craindre: les couchers de l’enfer.

Nous avions eu pas mal de chance de notre côté car si l’endormissement le soir a été très dur pour Nessie au cours des 3 premiers mois, les couchers sont devenus d’une simplicité confondante dès ce cap franchi.

Il me suffisait ainsi de l’allonger dans son lit avec une tétine et de mettre en marche le mobile pour pouvoir quitter tranquillement la chambre et la laisser s’endormir toute seule. Les soirs “difficiles”, il suffisait de lui filer un petit jouet pour détourner son attention pendant qu’on quittait la pièce.

Tout ça pendant plusieurs mois.

Et puis il y a eu le passage à l’heure d’été, les vacances d’avril, la montée en puissance des angoisses de séparation, les week-ends passés ici et là et tout s’est détraqué progressivement.

Au début c’était soft: je m’allongeais avec Nessie contre moi pendant quelques minutes, le temps de l’aider à trouver son sommeil, puis je la reposais tranquillement.

C’est ensuite allé de mal en pis jusqu’à ce qu’il me soit complètement impossible de pouvoir la reposer dans son lit. Même si elle s’était endormie sur mon épaule au prix d’une heure de bercements, elle se réveillait dès que je la posais dans son lit, se mettait debout et tendait ses bras vers moi en pleurant

Seul mon mari y arrivait à peu près mais c’était toujours très long et compliqué.

Lorsque j’étais seule (ce qui est souvent le cas car mon mari voyage beaucoup), le seul truc qui marchait c’était de l’endormir en la berçant dans sa poussette.

Bref c’était devenu l’enfer car ça bouffait nos soirées souvent au-delà de 22h et ça se couplait en plus avec des nuits qui devenaient elles-mêmes de plus en plus hachées.

A l’époque, on a mis tout ça sur le dos des angoisses de séparation et essayé de travailler là-dessus: lui parler pour la rassurer, regarder ensemble des livres avant le coucher, lui laisser un doudou avec lequel j’avais dormi, lui mettre une veilleuse, faire semblant de dormir à côté d’elle, etc…

Chou blanc complet. Je m’étais faite à l’idée qu’il fallait juste faire preuve de patience et attendre que ça passe.

L’électrochoc a eu lieu après la première vague de canicule pendant laquelle je n’ai quasiment pas dormi pendant 3 nuits consécutives Nessie ne supportant pas du tout la chaleur. Or en ma qualité de grosse marmotte je suis une chochotte du manque de sommeil.

Je me sentais au bout du rouleau et voyais arriver avec angoisse les déplacements futurs de mon mari et donc les longues soirées à devoir gérer seule les couchers de Nessie.

C’est sans doute cette angoisse qui a réactivé mon cerveau et m’a permise de mettre en place des solutions toutes bêtes qui ont rétabli la situation. Je vous les livre car ça pourra peut-être donner des pistes à celles qui rencontrent également des difficultés de couchers même si on sait toutes que la solution miracle et universelle n’existe pas.

  1. M’assurer que Nessie n’a plus faim quand elle se couche (je ne vous avais pas menti quand je vous parlais de solutions toutes bêtes)

Au point culminant des couchers qui se passaient mal, Nessie était en plein dans sa phase “je mange avec mes doigts, dégage la cuillère j’en veux pas”. Les dîners duraient des plombes et la moitié de la nourriture se retrouvait par terre. Ca se terminait toujours avec un bébé crevé qui se frottait les yeux et qu’on essayait de coucher en l’état.

Ca faisait un bon moment qu’elle ne voulait plus prendre de biberon le soir mais quand j’ai tilté qu’elle avait peut-être tout simplement encore faim quand on essayait de la coucher, j’ai retenté. Bingo! Elle a goulûment tiré sur son biberon et, ce soir là, s’est couchée sans souci. J’en aurais versé des larmes de joie (mais je me suis surtout traitée d’imbécile toute la soirée pour ne pas y avoir pensé plus tôt).

Depuis je lui propose en fin de repas un biberon pour compléter si besoin. Comme elle a finalement ré-accepté depuis la cuillère et donc les purées et yaourts, le biberon de complément est aujourd’hui rarement nécessaire.

2. Avancer l’heure du dîner et du coucher

Le coup du biberon de complément c’était bien beau mais ce n’était pas suffisant. Il y avait également un problème d’heure de coucher.

La tête complètement dans le guidon, nous avons en effet été assez fous pour croire que Nessie ne voulait pas se coucher et rester un peu plus longtemps avec nous.

Ne prenant son dîner que vers 20h, elle ne se couchait ainsi jamais avant 20h30/21h voire 21h30 quand on la laissait se “défouler” un peu après le dîner.

Erreur de débutant car plus un bébé est crevé, plus il aura généralement du mal à trouver le sommeil, c’est pas faute de l’avoir constaté encore et encore (et encore).

Dorénavant Nessie mange donc vers 19h15 et est couchée (sans protestations) à 20h dernier carat.

3. Lever le pied sur les sorties et les week-ends

Nous avons clairement trop tiré sur la corde en partant plusieurs week-ends d’affilée et en trimballant Nessie à des soirées où nous l’endormions dans des chambres qui n’étaient pas la sienne.

Trop de changements trop rapprochés, je pense que c’est en grande partie ça qui a causé les couchers difficiles de Nessie.

Depuis quelques semaines on fait donc une diète de sorties et on fait venir les amis chez nous (et après que Nessie soit couchée pour éviter de l’exciter).

On veillera à l’avenir à bien espacer les week-ends et de limiter au max les sorties du soir avec Nessie.

4. Adopter un petit rituel de transition

Nessie n’étant pas un bébé très câlin, j’avais pris l’habitude avant cet épisode difficile de la coucher directement dans son lit après le dîner sans autre rituel que celui de lui expliquer que Maman et Papa étaient juste à côté et veillaient sur elle.

Je la prends désormais quelques minutes sur mes genoux une fois la gigoteuse et la tétine mises pour regarder ensemble un livre (les deux stars du moment sont sonores: Bonne nuit! dans lequel on suit une petite fille dans son rituel du coucher et Ecoute dans la nuit dans lequel on écoute les sons de la nuit comme le vent qui souffle et les petits chats qui miaulent sur les toits avant de revenir dans la chambre d’un bébé bercé par sa mère).

Ca lui permet de mettre l’excitation de la journée derrière elle avant d’aller se coucher et en prime ça me fait un moment “simili-câlin” avec ma fille.

Je ne reste en revanche avec elle que le temps de la “lecture” qui se limite à un seul livre et la laisse ensuite s’endormir seule dans son lit avec son mobile.

*******

Voilà au final la leçon que je retire de tout ça c’est que parfois on se focalise sur des solutions gadgets (type le doudou avec lequel on dort pour qu’il ait notre odeur) en oubliant les problèmes de fond (coucher trop tardif etc…) et que la question du coucher est un tout.

On a retrouvé un bon équilibre depuis environ deux semaines avec une petite fille qui se couche sereine et s’endort seule. On croise les doigts pour que ça dure même si j’ai bien peur que nos vacances d’août et les nouveaux changements de lieux ne nous fassent revenir en arrière.

Pour les nuits c’est encore une autre histoire mais j’en ferai certainement un autre post.

N’hésitez pas à partager vos expériences personnelles de couchers de l’enfer dans les commentaires, c’est toujours intéressant!

 

Espèce de mère indigne va!

Cet article me trottait dans la tête depuis un moment car ce n’est pas tout d’appeler mon blog “De l’infertilité à l’indignité maternelle”, encore faut-il que je vous parle un peu de la mère indigne que je suis.

Une de la pire espèce je dois avouer: une mère indigne assumée (à 1 ou 2 choses près)!

La démonstration en 5 points (avec un peu de Margaux Motin en illustration):

  1. J’ai repris le boulot avec bonheur aux 3 mois de Nessie (taux de culpabilité: 0%)

Pire même! Nessie est restée 6 heures d’affilée chez son assistante maternelle dès son premier jour d’adaptation. Pendant ce temps nous étions allés manger à 2 avec mon mari, puis j’étais allée chez le coiffeur et avais fait une sieste avant de récupérer Nessie. Le bonheur! Dès le lendemain, elle a commencé à faire des jours normaux chez l’ass’ mat et j’ai repris le chemin du boulot à plein temps (j’avais déjà bossé à mi-temps la semaine d’avant pour me remettre dans le bain en alternant les jours avec mon mari).

Je ne me suis jamais retrouvée dans les récits de mères qui expliquent à quel point la première demie heure de séparation a été difficile ou que reprendre le boulot aux 3 mois de son enfant c’est vraiment trop tôt. Même si la reprise a été un peu dure car il fallait remettre le cerveau en mode boulot et que Nessie me manquait quand même un peu en journée, j’étais vraiment heureuse de reprendre le travail et de disposer de temps pour moi (genre pouvoir prendre un café tranquille en regardant par la fenêtre sans être en permanence en alerte).

Ce qui m’a aidé à ne jamais culpabiliser c’est le souvenir de mes grands-mères. Deux femmes qui ont été interdites de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Deux femmes malheureuses à qui on a jamais laissé le droit de vivre leur maternité dans le respect de leurs personnalités et qui ont laissé derrière elles l’image de mères dépourvues de tout instinct maternel. La maltraitance a bien des visages, ne l’oublions pas.

2. J’ai arrêté d’allaiter Nessie à ses trois mois (taux de culpabilité: 0%)

Là encore c’était une promesse que je m’étais faite: ne jamais me laisser culpabiliser si jamais je n’allaitais pas.

Ma mère avait voulu (désespérément) allaité mais n’y était pas parvenue malgré les conseils et piqûres qui lui avaient été administrés par le corps médical. Et encore aujourd’hui elle porte cette blessure car tout au long de sa vie le message qui lui a été envoyé c’est qu’elle n’avait pas donné le meilleur à ses enfants (alors que bon sang SI!). Du coup je m’étais dit (parce que j’en avais quand même envie) que j’essaierais mais que si ça ne marchait pas, tant pis, je n’insisterais pas.

Coup de bol, j’avais plein de lait et Nessie a facilement trouvé comment téter. Sauf que si j’ai beaucoup aimé allaiter (et trouvé ça très pratique aussi) je ne me voyais pas du tout tirer mon lait au boulot lors de ma reprise. Du coup et après avoir tenté sans succès (et sans doute pas de la bonne façon) de garder la tétée du soir, Nessie a été sevrée à 3 mois.

Dans la mesure où j’ai accès à l’eau potable et les moyens d’acheter du lait en poudre, tout se passe bien depuis. Concernant la santé de Nessie, je fais personnellement beaucoup plus confiance aux vaccins et à l’accès aux soins médicaux pour la préserver.

3. Je n’ai lu aucun bouquin sur l’éducation et la psychologie des enfants (taux de culpabilité: 15%)

C’est pas que ça ne m’intéresse pas ou que je ne doute jamais de mes intuitions mais entre mes journées de boulot (assez longues pendant lesquelles je lis et écris déjà beaucoup), mes soirées à profiter de Nessie et de mon mari, mes soirées de sociabilisation et mes nuits raccourcies, je prends très peu de temps pour lire tout court.

Le seul bouquin que j’ai lu c’est “Bébé dis-moi qui tu es” qu’Alisore m’avait recommandé pendant ma grossesse et qui m’avait beaucoup plu car le leitmotiv principal c’est qu’il ne faut raisonner qu’en termes de moyenne et non de normes dans l’appréhension qu’on a de son bébé et de son évolution.

On y va donc à l’instinct on se référant à nos propres enfances, à ce qu’on a pu observer autour de nous et aux conseils souvent précieux de notre assistante maternelle. Pour l’instant ça se passe bien; on verra quand on rentrera dans la phase critique des deux ans.

Si vous avez des suggestions de bouquins que je pourrais mettre dans mes valises cet été, je suis en revanche toute ouïe!

4. Je dis régulièrement “non” à Nessie (taux de culpabilité: 0%)

Je sais qu’en disant ça je risque de me faire tomber dessus sur le thème que je n’ai rien compris aux principes de l’éducation bienveillante, que je caricature, etc…

Alors effectivement et comme abordé dans le point 3, je n’ai pas lu d’ouvrages sur cette fameuse parentalité positive (merci quand même à La Reine qui nous avait fait un résumé de l’un d’eux). Cependant je vois sur le net beaucoup de parents s’auto-flageller parce qu’ils diraient trop de fois “non” à leur enfant ou n’arriveraient pas à tout formuler de façon positive tout en se référant à ces fameuses éducation bienveillante et parentalité positive (il y a aussi ceux pour qui tout baigne et qui t’expliquent donc avec un ton parfois pontifiant que c’est LA théorie à suivre).

Parfois c’est simple, en les lisant, j’ai l’impression d’être Maléfique incarnée.

Parce que si j’explique beaucoup de choses à Nessie, ne lui crie pas dessus, lui parle doucement et poliment, je lui dis aussi régulièrement “non”. N.O.N. Et en assume les éventuelles conséquences (des pleurs parfois, surtout quand Nessie est fatiguée en fin de journée).

Pourquoi je ne culpabilise pas?

  • parce que si ces principes existent, d’autres aussi selon lesquels les enfants (ou du moins une partie d’entre eux) ont besoin de cadres solides qui ne soient pas remis en question,
  • qu’il existe une grande diversité de profils d’enfants et qu’à chaque profil correspondent des méthodes appropriées,
  • que la fermeté n’a rien de négatif ou de malveillant et peut aussi s’exprimer dans la douceur et surtout, sans crier (si besoin j’emploie quand même mon ton “pas contente”, par exemple quand Nessie balance pour la Xème fois sa tasse par terre tout en me regardant droit dans les yeux alors que je venais plusieurs fois de lui demander poliment de ne pas le faire) (malheureusement à un an, Nessie ne comprend pas que l’eau fait gondoler le parquet :-p),
  • et enfin parce que ma conviction personnelle est qu’un enfant doit apprendre à maîtriser ses frustrations pour pouvoir être armé dans sa vie en société (or (et toujours selon ma conviction personnelle) en passant son temps à tenter de lui éviter d’éventuelles frustrations, on ne l’aide pas à s’y confronter). Le parent est avant tout humain et peut être fatigué et en avoir marre aussi et ça un enfant peut parfaitement le comprendre.

Bref chacun ses choix. S’il y a des idées que je trouve effectivement intéressantes dans ce que je lis sur tout ça, il y en d’autres que je ne trouvent pas adaptées à la personnalité de Nessie, et certaines avec lesquelles je suis en désaccord de par ma propre éducation/expérience. Ce qui me déplaît en revanche fortement c’est de s’arroger le terme “bienveillant”. Je trouve ça personnellement assez condescendant.

Margaux1

5. Plus globalement je suis une mère souvent “à l’arrache” (taux de culpabilité moyen: 25%)

  • j’ai oublié plein de fois de donner à Nessie ses vitamines (j’ai vraiment honte pour le coup). Ca va mieux cependant depuis que j’ai mis son flacon sur le meuble de l’entrée; pas moyen de le louper en partant le matin.
  • j’ai arrêté de lui faire des pots maison quand elle a eu 9 mois. Plus le courage.
  • depuis qu’elle mange avec ses doigts, certains dîners sont composés de pain/fromage/compote pour cause de “pas eu le temps de faire les courses”/”j’en peux plus”/”c’est bien ma chérie, mange pendant que Maman est avachie dans le canapé et commande sa pizza/ses sushis”.
  • j’ai pas du tout eu le courage de me mettre aux couches lavables. Pour remédier à ma culpabilité, je commande des couches Love & Green qui sont paraît-il plus clean que les Pampers.
  • alors qu’au début ses petits vêtements étaient toujours bien pliés et rangés, la norme maintenant c’est d’aller piocher directement sa tenue de la journée dans le sèche linge (=meilleur investissement du monde au passage quand on a un enfant (ou pas d’ailleurs)) tandis que ses body sont empilés à côté de son matelas à langer.
  • ses biberons sont lavés au lave-vaisselle (mais je le re-rince après)
  • pas de bandeau/barrette/robe-collants/chaussures décoratives. Quand j’habille Nessie le matin pour aller chez l’ass mat’ je vais droit à l’essentiel: body/pull/legging/chaussettes. Ce n’est guère depuis le début des beaux jours que la pauvre enfant a le droit de porter de jolies petites robes avec des sandales. Clairement, on ne deviendra jamais des stars d’Instagram. (pendant la canicule, j’étais cette mère hippie à circuler en poussette avec un bébé en couche; c’était d’ailleurs assez marrant de voir les regards étonnés des autres parents)
  • et je pourrai continuer longtemps comme ça!

Il y a des jours où je culpabilise un peu et où je me dis qu’il faudrait vraiment que je m’améliore (genre sur le rangement histoire d’avoir une certaine crédibilité quand je demanderai à Nessie de ranger sa chambre) mais bon voilà je suis cette fille souvent un peu l’arrache qui n’hésite pas à inviter ses amis chez elle alors que la vaisselle sale déborde de l’évier et que le salon est à moitié en bordel et à faire livrer des pizzas parce qu’il n’y a plus rien dans le frigo. C’est vraiment moi ça.

Alors je ne suis pas une mère parfaite, loin de là, mais je crois pouvoir dire que Nessie est une petite fille très aimée et chouchoutée par une mère au demeurant assez cool. Et puis on verra bien. Peut-être que par rébellion elle deviendra super ordonnée et organisée Qui sait (l’espoir fait vivre!)? 😀

Et vous alors? Quelle mère indigne êtes-vous?

margaux2

Post anniversaire protégé

C’est le premier anniversaire de Nessie aujourd’hui (et oui déjà!) et pour l’occasion j’avais envie de partager un peu plus avec vous que je n’ai pas (encore?) eu l’occasion de rencontrer dans la “vraie” vie  mais qui m’avez accompagnée sur le chemin pmesque (et il faut bien avouer que j’avais aussi envie de faire ma MILK ultra fière).

Du coup le post du jour est protégé par un mot de passe que je vous enverrai si vous m’envoyez un mail à fivplus4@gmail.com ou me laissez votre adresse en commentaire.

Bisous à toutes!

Back dans les bacs?*

*Phrase fétiche des mes anciens boss quand ils rentraient de vacances, je découvre à l’instant la référence

Ca y est, on y est. Ce matin j’ai ressorti mon trieur à soufflets multicolore qui était tout poussiéreux après ces (déjà/seulement, rayez la mention inutile) 19 mois d’inactivité pmesque et je suis retournée voir le grand manitou de l’endométriose de l’hôpital Cochin.

But de la visite? Faire le point sur la progression de mon endométriose et commencer à mettre en place un plan d’attaque en vue d’une nouvelle FIV au cours de l’année 2017/2018.

Ca fait un peu drôle de déjà programmer tout ça alors que l’envie d’un deuxième n’est pas encore tout à fait là (en grande partie parce qu’il est difficile (voire impossible) de se projeter à 4 dans notre actuel appartement) mais en bonne vétéran de la PMA je préfère prendre les devants. On sait toutes ce que la PMA implique en terme de calendrier à rallonge et aussi bien ma maladie que l’âge de M. Fivplus4 ne nous laissent pas beaucoup de marge.

Le but c’est d’y aller piano piano en refaisant en mai le point sur ma réserve ovarienne et d’ici le mois d’août une IRM pour voir où en est l’autre saloperie.

Je revois le grand manitou début octobre pour faire le point et si nous le souhaitons, lancer un nouveau protocole de FIV.

La pilule qui m’a été prescrite à la naissance de Nessie ne m’ayant pas du tout réussie, nous n’utilisons plus aucune contraception depuis novembre dernier. L’occasion on ne sait jamais d’avoir une petite surprise.

Au final pas de suprise (et finalement c’est aussi bien comme ça) mais de grosses douleurs qui sont malheureusement revenues, alors d’ici octobre je me remets à la pilule en continu.

4 gros mois de vacances endométriosiques, youhou! C’est là qu’on se rend compte que la PMA après avoir eu un premier enfant grâce à elle, ce n’est plus la même chose. C’est beaucoup plus facile de relativiser (voire même de profiter) de l’attente.

4 gros mois aussi pour réfléchir au timing et possibles déconvenues à venir. Car pour tout vous dire j’ai aussi un peu peur de retomber dans une spirale négative. Me rendre malheureuse pour rien alors que nous avons maintenant à nos côtés une merveilleuse petite fille et que je me projette très bien dans un avenir à 3 avec elle.

Est-ce que tout ça vaut vraiment le coup? Espérons.

Mais alors quand est-ce que vous déménagez?

 

Après des années de “Et alors l’enfant c’est pour quand?”, voici la nouvelle question phare de notre entourage “Mais alors quand est-ce que vous déménagez?”.

Encore et encore et encore; je crois qu’on y a droit au moins une fois par semaine depuis la naissance de Nessie.

Même si cette question n’est pas douloureuse pour nous comme l’était la précédente, elle n’en est pas moins pénible surtout qu’elle est généralement assortie d’une longue litanie sur le fait qu’il faudrait quand même qu’on upgrade socialement.

Le week-end dernier rebelote, un membre de notre famille a relancé le débat à table et il fallu encore expliquer, encore se justifier, toujours et encore quitte à se faire passer pour les pauvres malheureux que nous ne sommes pas.

Mais la situation est telle qu’elle est.

M. Fivplus4 est fonctionnaire dans un corps plutôt mal loti niveau rémunération et je suis en libéral dans une petite structure dont la spécialité fait partie de celles les moins bien rémunérées de notre profession.

Traduction: loin d’être à plaindre car nous remplissons nos caddies comme nous l’entendons, partons en vacances et pouvons nous payer des restos et des sorties, nous ne roulons pas non plus sur l’or.

A cela se rajoutent:

  • le fait que nos familles respectives ne peuvent pas nous aider pour l’achat d’un bien,
  • celui que M. Fivplus4 travaillant dans le centre de Paris et moi en banlieue ouest, notre “secteur de prédilection” pour résider regroupe grosso modo tout ce qui se fait de plus cher dans l’immobilier francilien (donc en fait dans l’immobilier français)
  • et enfin celui que gagnant un peu trop nous n’avons pas eu de place en crèche et avons dû embaucher une assistante maternelle, ce qui pèse un peu plus sur le budget.

Bref, un tout qui fait que nous allons devoir faire de sérieuses concessions pour nous loger dans un trois pièces.

C’est sûr que si nous avions eu une enveloppe plus confortable cela ferait longtemps que nous aurions déménagé mais les choses sont telles qu’elles sont et le fait est que nous vivons bien la situation.

Pas que nous ne désirons pas du tout déménager mais pour l’instant nous ne le ressentons pas comme un urgentissime impératif préférant nous concentrer sur le positif:

  • Notre deux pièces n’est pas minuscule et se situe dans un quartier que nous aimons et idéalement situé par rapport à nos boulots, à notre famille et à nos amis,
  • Le partage de la chambre avec Nessie se passe bien et grâce à vous j’ai pu me rassurer sur le fait que nous n’allions pas en faire une dangereuse psychopathe à cause de ça,
  • Ca se passe super bien avec son assistante maternelle ce qui a une importance folle pour Nessie et dans notre équilibre vie privée/vie pro or on ne pourra peut-être pas ré-emménager à proximité,
  • Et financièrement parlant nous sommes sereins (ce qui ne sera plus le cas quand il faudra aller au max de notre capacité d’emprunt).

En attendant de trouver un nouveau cocon qui ne nous fera pas regretter l’ancien.

Mais non, apparemment ce n’est pas bien de se contenter de ça pour le moment. Il faut déménager là maintenant tout de suite car c’est comme ça. Quand on a un enfant on déménage c’est tout. Quitte à aller loin, se taper 3 heures de transport par jour et vivre dans un environnement qui ne nous plaît pas.

Alors oui, on en aura effectivement marre un jour, je n’en doute pas, mais je trouve gonflant de se faire pressuriser comme ça alors que l’on parle bien de nos vies et de l’endroit où l’on souhaite les mener.

Ca me rappelle vraiment nos années d’infertilité pendant lesquelles la société nous faisait quasi-quotidiennement sentir que nous avions bien raison d’être malheureux sans enfant car nos vies ne seraient jamais “complètes”.

Et là je ressens les choses de la même façon c’est à dire qu’au final nos proches et finalement la société en général nous martèlent “ah non mais mes pauvres comment pouvez-vous vivre comme ça?”.

Bah plutôt bien même si c’est sûr qu’on serait plus confort dans un 100 m² mais en attendant qu’une réelle réflexion sur l’aménagement du territoire soit lancée et que les choses s’améliorent en IDF on préfère chérir ce que l’on a plutôt que de se focaliser sur ce qui nous manque.

 

 

Je trouve que ces réflexions sont très symptomatiques d’une société dans laquelle il faut toujours plus: la grande maison (avec les enfants bien entendu), la grosse bagnole, les belles fringues et les voyages au bout du monde. Une machine à rendre éternellement insatisfait et malheureux finalement.

Alors dans ces moments là, quand je sens qu’il faut aller à contre-courant et vivre nos vies comme nous l’entendons nous, je pense à la plus belle histoire d’amour jamais contée  (selon moi bien sûr).

Pas celles de Roméo et Juliette, Tristan et Iseult ou Héloïse et Abélard, non.

Celle d’Ellie et Carl dans Là-haut de Pixar.

Up

(croyez-moi ou non mais je sanglote dès que je vois cette note et m’essuie les yeux à ce moment même)

Up2.jpg

Pas de paillettes, juste l’essentiel.

Ca va beaucoup mieux comme ça, non?